"Le CPN est l'une des quelques agences de l'ONU dont les membres se croisent; il n'est pas constitué par des agences de l'ONU ni des agences de l'ONU et des ONG. Il est composé des agences de l'ONU, des ONG et des partenaires bilatéraux. Par conséquent, concernant la manière dont nous sommes constitués, un dialogue constant doit exister et ceci est l'une des grandes forces de l'organisation."
Dans cet entretien, Mme Catherine Bertini, Présidente du Comité permanent des Nations Unies sur la nutrition, partage ses accomplissements, ses activités en cours et ses objectifs pour le futur en ce qui concerne les partenariats et les initiatives au niveau national, avec le Réseau des Nations Unies.
Quels sont les activités et objectifs principaux du Comité permanent sur la nutrition?
Notre vision à long terme voit le monde comme un endroit où la malnutrition n'est plus une contrainte pour le développement humain et c'est pourquoi, pour atteindre cet objectif, nous devons aider les pauvres à entreprendre une action décisive au niveau national et des stratégies internationales coordonnées. Nous essayons de fournir une information, et pas seulement des informations techniques, sur ce qui est requis afin d'atteindre divers objectifs. Actuellement nous travaillons avec les Objectifs de développement du millénaire (ODM) et essayons de voir comment en faire une réalité et comment employer la nutrition pour y arriver, étant donné que la nutrition est présente dans presque tous les objectifs.
Le CPN a été opérationnel pendant plus de 25 années. Quelles étapes importantes ont été réalisées au cours de son évolution récente?
Un des accomplissements principaux est l'introduction du Rapport de situation sur la nutrition mondiale qui a commencé en 1987 en rendant compte des tendances nutritionnelles au cours du cycle de la vie. Le 5ème rapport a paru en mars sur le thème "La nutrition pour améliorer les résultats du développement". Beaucoup de gens ont employé ces rapports comme base pour l'action dans différents pays autour du monde.
En second lieu, nous avons établi un projet appelé Information nutritionnelle en situations de crise. Etant donné qu'au cours des 15 dernières années, des crises aiguës se sont développées, nous avons trouvé, par le biais de ce rapport, une manière de coordonner toutes les agences qui travaillent sur ces sujets. Nous éditons également un bulletin, les Nouvelles du CPN, dans lesquelles nous partageons une information critique.
Nous travaillons également à la génération de jeunes talents dans la communauté internationale sur la nutrition. Dans ce cadre, nous avons un programme spécifique pour effectuer cette activité. Comme pour la mise en œuvre de rôles et responsabilités spécifiques dans les pays en voie de développement, nous avons pu établir dans ces pays un réseau de personnes, au niveau international et local, afin de promouvoir le travail en nutrition. Je pense que nous avons essayé d'être agressifs en aidant à s'exercer et motiver et guider les personnes qui travaillent sur la nutrition dans les pays en voie de développement.
Comment le CPN favorise-t-il des approches harmonisées parmi les agences de l'ONU, et entre les agences de l'ONU et les partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux, pour aborder la malnutrition?
Le CPN est l'une des quelques agences de l'ONU dont les membres se croisent; il n'est pas constitué par des agences de l'ONU ni des agences de l'ONU et des ONG. Il est composé des agences de l'ONU, des ONG et des partenaires bilatéraux. Par conséquent, concernant la manière dont nous sommes constitués, un dialogue constant doit exister et ceci est l'une des grandes forces de l'organisation. C'est cette interaction qui permet une approche plus cohésive pour travailler sur des questions de nutrition.
Quels sont les prochains projets du CPN pour le futur?
Nous voulons que notre pensée soit dirigée vers l'avant, une grande part de notre travail est conçue autour de l'accomplissement des ODM et la raison en est que nous voulons aider à influencer des gouvernements pour mettre les questions de nutrition à un niveau de priorité élevée. Nous voulons également leur prouver qu'en améliorant la nutrition cela entraîne une différence pour tout ce que l'on essaye de réaliser, qu'il s'agisse d'améliorer l'économie, le PIB d'un pays, la production agricole, d'augmenter le nombre d'enfants instruits, etc. et naturellement cela a un impact très significatif sur les résultats de santé. Par conséquent, puisque les Etats membres ont signé les ODM, nous voulons employer cela pour prouver la nécessité d'insister sur la nutrition.
Notre prochaine conférence annuelle se tiendra au Brésil en 2005 et nous espérons que cela sera un point de coordination pour les efforts continus dans l'amélioration des compétences dans les pays en voie de développement.
En ce qui concerne de futurs partenariats avec des ONG, nous cherchons également à augmenter l'interaction avec le secteur privé. Nous avons également un nouveau secrétaire du CPN qui rejoint notre équipe, le Dr Roger Shrimpton.
Dans les recommandations faites pendant la session annuelle par le groupe de travail sur la sécurité alimentaire au sein des ménages, on a insisté sur la nécessité de travailler à un niveau national dans les pays spécifiques. Cette proposition a-t-elle commencé à être mise en application?
Absolument, nous sommes un réseau des personnes mais nous ne pouvons pas simplement nous asseoir lors des réunions et parler. Nous devons aider à fournir les capacités techniques ainsi que la compétence et la coordination pour permettre aux personnes de travailler au niveau national afin de convaincre les gouvernements pour avoir des moyens qui sont directement reliés à l'amélioration des résultats en nutrition.
Quelles synergies pourraient être créées entre le Réseau de l'ONU sur le développement rural et la sécurité alimentaire et le CPN?
Ce pourrait être une prochaine étape naturelle pour le CPN si le Réseau de l'ONU a déjà ces genres de points de contact dans différents pays. Ce pourrait être une excellente manière de travailler ensemble et de tirer profit de ce que chacun de nos réseaux peut offrir.
Nous entreprenons actuellement une évaluation du Réseau de l'ONU, quelles suggestions ou remarques pourriez-vous nous donner ainsi que les relations entre le Secrétariat basé à la FAO, le PAM et le FIDA.
Ce que nous devons tous faire, que ce soit le Réseau de l'ONU ou le CPN, est de fixer des objectifs spécifiques et de voir si nous les avons réalisés. Un conseil qui vaut pour moi-même et que je peux vous donner, c'est qu'en cours d'évaluation si les objectifs spécifiques n'existent pas, il faut les créer pour l'avenir.. Je pense franchement que nous ne faisons pas assez d'évaluation dans le Système de l'ONU, je pense que cela pourrait être beaucoup plus utile si nous en faisions plus.
Pour plus d'informations sur le Comité permanent des Nations Unies sur la nutrition, veuillez visiter leur
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Les avis exprimés dans cet entretien n'impliquent aucune prise de position de la part du Réseau du Système des Nations Unies sur le développement rural et la sécurité alimentaire ni de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.