Nouvelles - Octobre 2002

Promouvoir les Systèmes Ingénieux du Patrimoine Agricole : une nouvelle initiative interinstitutionnelle de la société civile

Lors de la première rencontre de travail des parties prenantes, qui a eu lieu en août à Rome, la FAO a lancé l'initiative des Systèmes Ingénieux du Patrimoine Agricole Mondial (SIPAM). Cette initiative vise à soutenir les systèmes agricoles traditionnels et ingénieux, ainsi que les communautés qui possèdent et gèrent ces systèmes. D'autres institutions des Nations Unies y participent, en collaboration avec des gouvernements, des instituts (CGIAR), des ONG, des communautés locales et des Populations Indigènes.

Les Systèmes Ingénieux du patrimoine Agricole Mondial (SIPAM) et les paysages qui leur sont associés ont été crés, formés, entretenus et transmis par des générations de fermiers, de bergers, d'habitants des forêts et de pêcheurs. Ces systèmes qui se basent sur une variété d'espèces interagissant entre elles, sur des pratiques et sur des techniques spécialement adaptées à la région et combinées entre elles avec ingéniosité, ont contribué et contribuent encore énormément à la biodiversité agricole, aux paysages et au patrimoine culturel mondial. Les SIPAM étant des systèmes agricoles fondamentalement durables, vitaux et en évolution, sont cruciaux pour la survie des écosystèmes et des paysages, ainsi que pour la production alimentaire, la sécurité des moyens d'existence et la qualité de la vie des populations à tous les niveaux, tant locaux que mondiaux. Le projet des SIPAM veut promouvoir la reconnaissance, la conservation et la re-vitalisation de ces systèmes face à la globalisation, les changements environnementaux et les mauvaises mesures politiques. Il renforcera la capacité des agriculteurs et des collectivités agricoles à conserver et à gérer de façon durable ces systèmes, ainsi qu'à partager ces connaissances et ces expériences avec les structures locales de conservation de la biodiversité agricole et d'approche du patrimoine agricole. Partage qui devrait se faire avec l'aide et la participation des acteurs politiques, de la communauté scientifique et des parties prenantes.

Le concept du projet tourne autour des relations profondes qui existent entre les moyens d'existence locaux et la sécurité alimentaire, l'agriculture, l'écologie, la culture, l'éthique, la gestion des sols et des eaux et l'organisation sociale. Étant donné que les SIPAM sont composés d'éléments à la fois fortement interdépendants et recouvrant des domaines larges, le projet intègre et développe les points de vue, les expériences, les connaissances et les initiatives d'autres institutions des Nations Unies ( Le Patrimoine Mondial de l'UNESCO et les Programmes MAB, le PNUD/GEF, la Banque Mondiale, le PNUE, le People Land management and Environmental Charge Project de l'UNU), des instituts CGIAR ( tels que l'IPGRI et l'ISNAR), des Gouvernements, des ONG (COMPAS, IUCN) et des Autochtones.

Le projet des SIPAM est soutenu par le GEF-PNUD et exécuté par la FAO en étroite collaboration avec ses partenaires. La première rencontre de travail des parties prenantes a marqué le début du développement de la seconde phase du projet. Pendant cette phase, dix sites pilotes seront choisis. Ils bénéficieront de programmes d'action pour leur soutien, suivis de la méthodologie des étapes successives du projet. L'équipe du projet des SIPAM propose à toutes les parties prenantes de participer au développement ultérieur du concept et des méthodes des SIPAM et de soumettre des propositions pour des sites SIPAM. Le mois prochain, une conférence électronique aura lieu afin de développer le concept du projet et sa méthodologie et pour identifier les partenaires. Le site Web du SIPAM www.fao.org\landandwater/giahs fournit les critères et et un modèle de présentation des propositions de sites SIPAM. Il offre également des informations régulièrement mises à jour sur ce sujet.