Nouveautés - Février 2002

Rencontre FAO/PAM/FIDA/ONUSIDA à Rome en décembre 2001: le défi de la lutte contre le SIDA dans le monde rural


S'unir dans la lutte contre le SIDA. Tel a été l'objectif principal de la rencontre organisée au siège de la FAO du 5 au 7 Décembre par les trois agences des Nations Unies implantées à Rome (FAO, PAM et FIDA en collaboration avec le Programme Conjoint des Nations Unies sur le SIDA (ONUSIDA).

Lors de cette consultation technique, 90 participants (représentants de ministères de l'agriculture, experts de différents organismes, agences des Nations Unies et ONG) ont tenté de trouver des moyens pour atténuer l'impact du SIDA sur la sécurité alimentaire, les systèmes ruraux et la pauvreté rurale. Dans les 25 pays africains les plus touchés, le SIDA a tué environ 7 millions d'agriculteurs depuis 1985 et l'on estime qu'il pourrait en mourir encore 16 millions durant les deux prochaines décennies. "Cela démontre" a expliqué Marcela Villareal, point focal de la FAO pour les questions concernant le SIDA, "que cette maladie n'est plus simplement une question sanitaire. En effet, elle a eu des effets désastreux sur la sécurité alimentaire dans de nombreuses régions du monde et, ces 40 dernières années, elle a fragilisé les difficiles acquis dans le domaine du développement rural et agricole." A l'heure actuelle, environ 40 millions de personnes souffrent du SIDA et 95% d'entre elles vivent dans des pays en développement.

La réunion du mois de décembre constitue une étape importante vers une collaboration à tous les échelons pour lutter contre le SIDA dans le monde rural. Elle a tenté d'encourager les communautés rurales et en particulier les femmes à participer à cette lutte. La rencontre a fait ressortir que très peu de travail avait été fait sur le rôle que pourrait remplir le monde agricole pour réduire l'impact du SIDA. Ces trois jours de rencontre à Rome ont aussi servi à identifier les zones spécifiques nécessitant une ligne d'action coordonnée et à définir la stratégie à adopter dans chacun des cas. Voici quelques uns des points à partir desquels un cadre stratégique a commencé à prendre forme:
  • Renforcement et adaptation des mécanismes de transmission entre générations des connaissances agricoles.
  • Développement et promotion de technologies qui facilitent le travail.
  • Prise en considération de questions de genre, en particulier du problème de l'accès inégalitaire à la terre.
  • Sensibilisation au problème dans les zones rurales.
  • Renforcement des capacités des institutions rurales.
  • Développement d'investissements novateurs dans le secteur rural.
  • Analyse spécifique des relations entre migrations et développement du SIDA.
  • Action multi-sectorielle et création de synergies entre le secteur agricole et les autres secteurs.
  • Suivi de l'impact des actions menées.
Les Groupes Thématiques des pays dûrement touchés par le virus du SIDA affrontent ici un défi important.Ils devront concevoir une stratégie et une ligne d'action coordonnée. Le Mozambique est un bon exemple illustrant comment la concertation peut être efficace dans cette bataille : le Groupe Thématique sur la Sécurité Alimentaire a préparé en 1999 un document intitulé : " Effets du SIDA sur la Sécurité Alimentaire et le Système d'Existence Rurale dans les régions centrales du Mozambique ." La République d'Afrique du Sud possède elle aussi un groupe inter-institutionnel travaillant sur les questions de genre liées au SIDA.

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